Linux possède-t-il lui aussi un identifiant caché capable de suivre une machine ?
Publié sur LinkedIn le 12 aout 2026
Oui… mais la comparaison avec le GDID de Windows mérite quelques nuances.
Sous Linux, l’identifiant le plus proche est généralement le fichier :
/etc/machine-id
Il contient un identifiant unique associé à l’installation du système.
Cet identifiant :
Est créé lors de l’installation ou du premier démarrage ;
Persiste après les mises à jour et les redémarrages ;
Change généralement après une réinstallation propre ;
Peut être utilisé par certaines applications pour générer leur propre identifiant persistant.
Donc oui : si une application dérive un identifiant depuis le machine-id et l’envoie à ses serveurs, elle peut reconnaître la même machine même lorsque l’adresse IP change ou qu’un VPN est utilisé.
Mais il existe une différence importante avec Windows.
Le machine-id n’est pas conçu comme un identifiant de télémétrie envoyé automatiquement à un éditeur central.
Il est principalement utilisé localement par :
Systemd ;
D-Bus ;
Les journaux système ;
Les services réseau ;
Certaines applications.
La documentation de systemd précise même qu’il doit être considéré comme confidentiel et qu’il ne doit pas être transmis directement sur un réseau.
Linux peut également exposer d’autres identifiants :
UUID matériel du BIOS ou de l’hyperviseur ;
Identifiants DHCP et DHCPv6 ;
Adresses MAC stables ;
Identifiants créés par les navigateurs, EDR, VPN, outils d’inventaire ou logiciels de licence.
Autrement dit, Linux ne rend pas une machine invisible.
Il rend surtout l’identification moins centralisée et généralement plus transparente.
Peut-on changer le machine-id ?
Techniquement, oui.
Mais sur une machine déjà installée, le modifier brutalement peut perturber :
NetworkManager ;
D-Bus ;
Systemd-journald ;
Les outils d’inventaire ;
Certains logiciels de licence ;
Les agents de supervision ou de sécurité.
Sur Linux comme sur Windows, supprimer un identifiant système au hasard reste donc une excellente méthode pour transformer un problème de confidentialité en incident de production.
La différence fondamentale n’est pas l’existence d’un identifiant.
Tous les systèmes modernes en utilisent.
La vraie différence concerne :
Qui peut y accéder ;
A quels services il est transmis ;
Comment il est documenté ;
Et si l’utilisateur peut réellement contrôler son usage.
Linux offre généralement davantage de visibilité, de maîtrise et d’auditabilité.
Mais installer Linux puis se reconnecter immédiatement à Google, Microsoft, Steam, Discord, Chrome et tous ses services cloud ne rend pas anonyme.
Le noyau change.
L’empreinte numérique, elle, a parfois une remarquable capacité de résilience.
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