DORA, NIS2, LPM/SAIV : combien ça coûte de “faire plus tard” la résilience ?
Publié sur LinkedIn le 18 mars 2026
La résilience, c’est souvent vu comme un sujet de “gouvernance” ou de “conformité”. En vrai, c’est surtout un sujet de risque financier. Et sur DORA / NIS2 / LPM-SAIV, le législateur a un message simple : ça doit piquer.
1) NIS2 : des amendes façon RGPD (mais version cyber)
NIS2 prévoit des plafonds d’amendes administratives au minimum (les États peuvent faire plus sévère) :
• Entités essentielles : jusqu’à 10 M€ ou 2 % du CA annuel mondial (le plus élevé).
• Entités importantes : jusqu’à 7 M€ ou 1,4 % du CA annuel mondial (le plus élevé).
Côté France, la transposition a pris (et prend encore) du retard, avec des débats sur le calendrier (des éléments évoquent une inscription à l’agenda pouvant aller jusqu’à l’été 2026). Donc : le plafond UE est connu, mais le dispositif français final dépend de la loi de transposition.
2) DORA : pas “un barème UE”, mais des sanctions bien réelles en France
DORA (applicable depuis 17 janvier 2025) impose le cadre, et demande aux États de prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives via leurs autorités compétentes.
En France, pour une entité financière, l’exposition “amende” vient surtout des régulateurs :
🔹 ACPR (banques, assurances, EP/EME, etc.)
• La Commission des sanctions peut prononcer une sanction pécuniaire jusqu’à 100 M€.
• Et selon les cadres applicables, on trouve aussi des plafonds alternatifs (ex. 10 % du chiffre d’affaires annuel net / 2× l’avantage retiré en matière prudentielle).
🔹 AMF (sociétés de gestion, PSI, etc.)
• Plafond : 100 M€ ou 10× l’avantage retiré ou 15 % du CA annuel total (selon les cas).
Bonus DORA souvent oublié : pour les prestataires TIC “critiques” supervisés au niveau UE, il existe une astreinte pouvant aller jusqu’à 1 % du CA mondial quotidien moyen (par jour, avec limite de durée) si non-conformité persistante.
3) LPM / SAIV (OIV – Code de la défense) : du pénal, avec mise en demeure
Sur le périmètre OIV / SIIV, le Code de la défense prévoit (schématiquement) :
• 150 000 € d’amende pour les dirigeants en cas de non-respect d’obligations après mise en demeure (selon les cas prévus).
• Pour les personnes morales, l’amende suit les modalités de l’article 131-38 du Code pénal (règle du quintuple), ce qui mène classiquement à un maximum de 750 000 € lorsque le plafond personne physique est 150 000 €.
Et l’ANSSI rappelle la logique : contrôles, mise en demeure, puis sanctions en dernier recours.
Conclusion
Ces textes n’ont pas inventé “la cyber”. Ils ont inventé le prix de l’excuse.
Si tu veux réduire le risque (audit, régulateur, incident réel), la base reste la même :
• preuves de gouvernance (rôles, arbitrages, reporting)
• gestion des risques et plans de continuité
• gestion et notification des incidents
• maîtrise des tiers (contrats, inventaires, exigences)
• tests (techniques et organisationnels) et amélioration continue